REVIEWS

[ENG]

"Over in the Studio, Yannick Franck offers the best performance of the three Belgian acts on the bill. Sitting down to watch him at the front of the room, I'm assaulted by low end, almost to the point of feeling uncomfortable. Having laid a solid bedding down he adds layers upon layers of hypnotic grooves, echoing techno sonically but never straying too deeply into tropes or clichés. The only thing preventing you from becoming swept away in the sonic miasma is his jolting use of his own voice to add organic texture to the mix. This sort of experimental loop-based approach perfectly suits the room and mood, man and machine becoming further and further intertwined until the only reminder of a human presence is the voice." Laurent Fintoni, Reviewer (www.thequietus.com, in LIVE REPORT: Bozar Electronic Arts Fest, 2012)


"[...] Multiple levels of electronic and vocal sound interweave so as to become indistinguishable, interacting on a basic level, aggregating into a vibration which sympathetically resonates the hollow parts of the room and the body.  One listens to this outside of time." Jorge Boehringer / Core Of The Coalman, Musician



"[...] This Belgian sound artist [...] wallows freely in the inexplicable ambiguities of life. For him, all mysteries lie beneath a solid crust like that surrounding the globe, and his layered and burnished grumbly rumblesome textures have been fashioned from something fairly earthy and elemental, like deep silty mud from the heart of a peat bog." Ed Pinsent, Cartoonist, Artist, Writer, Reviewer


"Yannick Franck strikes me as someone who knows what he wants and why he wants it. He also knows how to do it." James Wyness, Reviewer and Musician



"Yannick roled out a carpet on the floor, opened his magic suitcase and exposed a variety of technical gadgets and shiny instruments. When all were silent and restfull he started with streetsounds recorded from his window. Those faded away and were replaced by slowly evolving drones. He kept moving between this outwindowly sounds and the intimate moments when a young man finds himself a dreamer and a poet alike. A poet in love perhaps." Rinus Van Alebeek, musician


"I know Yannick Franck and his work for several years now and each time I see him perform or listen to one of his releases, I am blown away by his originality, experimentality, sonority, visuality and performality. This artist is so much underestimated in my opinion!"  Sal-Ocin / Empusae, musician


"After more than ten years of friendship, I'm still inspired by Yannick's creative way of life..."  Phil Maggi, musician

"A poetic immersion in audio, visual and audiovisual worlds, which are dealing with emptiness’

natures, with the light finiteness of human beings as well as with the wild bright eternity of
substances surrounding us, the concept of absence and those of continuance and filling up…" Rebecca Scuvée, devoted follower


[FR]


"La musique de Yannick Franck, pour aussi évanescente qu’elle puisse parfois paraître, a toujours semblé plus proche du cuivre que du silicium, de la terre que du plastique, en un mot bien plus organique que synthétique." Denis Boyer, Fear Drop


"Comme dit précédemment, ma rencontre avec la personnalité de Yannick s'est faite derrière un travail complexe, poétique et encombrant (parce que trop plein, trop balisé émotionnellement pour mes nerfs fragiles – ce qui est un compliment) découvert au hasard des pérégrinations numériques. Comme j'organise de temps à autre des événements artistiques avec une bande de copains nous avions voulu pour la fête de la musique 2008 proposer notre propre vision de cette manifestation : un rassemblement certes populaire mais non populiste. Pour moi, c'est davantage l'occasion de se faire rencontrer des esthétiques et des artistes diversifiés que de permettre au premier venu de nous déverser une énième reprise de Smoke on the Water. D'où l'envie très motivée de faire venir Yannick. Le set diffusé en live ce soir-là résonne encore dans mes tympas comme un des plus fragiles moments de mes nombreuses heures passées à scruter, écouter, ressentir et disséquer la musique. L'enregistrement de ce solo reste quelque part entassé dans mes archives. Je ne sais pas si il servira un jour à quelque chose.  Ce que je sais, au contraire, c'est que Yannick va, un jour ou l'autre, faire mentir mes "principes" en tant que programmateur. La fidélité aux artistes est une chose, mais les faire revenir d'année en année dénote davantage une sécheresse d'esprit qu'un attachement aux valeurs chevaleresques. Et devant le nombre proprement hallucinant d'artistes exaltants, je me demande toujours pourquoi certains restent indéfectiblement attachés à l'un ou l'autre. Comme il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, Yannick fait partie des personnes que je souhaite définitivement croiser à nouveau un jour sur ma route en tant que programmateur.  Au-delà de sa conception artistique et de son travail d'orfèvre du matériel sonore, ma rencontre humaine avec lui tient plus d'un événement rare, donc précieux – au même titre que sa musique, que d'une simple invitation à jouer. De l'importance qu'a eu Coil ou Current 93 dans notre relation aux blessures de la vie à la découverte fortuite et toute récente d'un disque de l'Incredible String Band nonchalamment posé sur un coin de bureau, tout dans cette rencontre me laissait penser que nous avions beaucoup à nous dire, lui et moi.  Aujourd'hui, je ne sais plus dans quelle mesure cette belle rencontre interfère dans l'appréciation que j'ai à l'écoute de ses disques, que ce soit ses propres projets ou les sorties de son label. A chaque fois, c'est une promesse renouvelée d'instants suspendus dans un moment d'éternité, une "architecture congelée", une réminiscence embrasée.  Merci Yannick, et à bientôt. Xavier Hug, organisateur 



Yannick Franck, Karel Ball #16, Bruxelles, le 7 mars 2012.
http://yannickfranckchronicles.blogspot.com/2012/03/wednesday-at-karel-brussels.html



"Yannick Franck a ceci d'immédiatement plaisant qu'il ne se contente pas de faire des musiques pour des pièces du Théâtre National ou pour des pavillons de la Biennale de Venise, ce qui en soit est déjà très bien, mais il garde aussi cette envie de jouer dans des petits lieux, dans les marges de la création officielle, là où ça bouillonne et ça expérimente.
Et de fait nous le retrouvons par une soirée d'hiver chez le collectif Karel, dans un lieu intime, dédié aux musiques improvisées, c'est une maison presqu'abandonnée, souhaitons qu'elle reste encore longtemps à l'abri de la spéculation immobilière qui sévit dans Bruxelles.
Si la maison semble fragile, la qualité de la diffusion sonore est parfaitement au point, nous nous rassemblons dans une petite pièce, Yannick Franck nous salue et fait le lien entre les divers spectateurs, "bien dire c'est bien vivre" écrivait Bachelard, voilà qui définira parfaitement l'atmosphère, des échanges, de la parole, et bientôt de la musique.
Place à l'écoute, il y aura deux sets ce soir-là, une performance en solo de Yannick Franck puis une improvisation avec Frederik Donche de Karel.
La composition de Yannick Franck nous plonge immédiatement dans un état propice à l'introspection, sa musique est dense, profonde, faite de strates dans lesquelles il nous invite à nous recueillir. Il n'est pas question ici de composition sur ordinateur, sa table d'expérimentation est faite d'objets concrets, instruments à cordes, émetteur radio, archets, cymbales, il gère ses sources d'une main de maître et de cette base crée des harmoniques à sa convenance, jeu d'effet de pédales et de subtils larsens. Quand l'assise est solide, sa voix vient nous emmener encore plus loin, il se fait passeur, chamane, on peut parler de transe, on repense à d'intenses émotions, quand les disques de Coil et la voix de John Balance nous faisait vibrer.
Etait-ce une demi-heure, une demi-nuit, peut importe, nous y étions, présents à nous-mêmes et à sa musique, c'est bien cela le plus important.
Le silence se fait quelques instants, le temps de boire un élixir, de se préparer à une deuxième partie, Yannick Franck et Frederik Donche/Leroux.
Ici la musique se fait rencontre, profondeur et field recordings, saccades électroniques, un nouvel espace sonore se cherche et se crée. L'écoute entre les deux artistes fait pleinement sens, il s'agit désormais de jouer par touches, et ça fonctionne, sur un nouveau plan, le tout plus grand que la somme des parties.
J'alterne, les yeux fermés pour mieux écouter, les yeux ouverts pour ne pas perdre un instant de cette rencontre, la performance touche à sa fin, les deux artistes saluent le public, je savoure encore ces moments précieux tandis que Yannick Franck range son matériel, calme et tranquille, je le remercie et nous discutons un instant, c'est une belle soirée."  Flavien Gillié, musicien



"Le travail de Yannick Franck, mélange entre voix, divers instruments analogiques et manipulation de fréquences, nous plonge dans une immersion sonore à la fois massive et subtile… Entre transe contemplative et profondes vibrations mélancoliques, ses modulations circulaires teintées de résonances naturelles forment, dans une lenteur hautement maîtrisée, des drones fantomatiques. Une musique habitée."  Hortense Gauthier, performeuse et curatrice


"La musique de Yannick est un souffle vital. Une recherche d’absolu au travers de matières émouvantes."  Eric Jacques, artiste


"J'ai travaillé avec Yannick Franck dans le cadre d'un atelier de recherche interdisciplinaire à l'île de la Réunion autour de la thématique de l'enfermement. L'atelier se déroulant en compagnie d'Eric Languet (chorégraphe) et Benoit Pierre (videaste).  Nous nous sommes pendant quinze jours frottés les uns aux autres en confrontant nos médiums respectifs (mouvement/théâtre/image/son), ces recherches ayant abouti à deux étapes de travail de type performatif.  


 Le rendu de la première étape de travail s'était déroulé en deux parties:  

-Un dispositif ou un performeur était allongé au sol, nu sous une bâche de plastique le recouvrant entièrement et équipé d'un micro captant sa respiration et d'un tuyau lui donnant une quantité d'air restreinte, deux autres performeurs installant un aspirateur afin de faire un vide d'air sous la bâche et d'empêcher l'air d'y entrer en colmatant systématiquement et méthodiquement les trous de la bâche. Yannick utilisait les sons du plateau afin de créer la bande son en live. Le tout étant capté par une camera zénithale et projeté sur la bâche même. La performance se terminant quand le premier performeur déchire la bâche, arrivé à son seuil de tolérance à cette expérience d'extrême confinement.  Le travail étant spécifiquement basé sur l'enfermement, nous avons pu constater le talent de Yannick à créer une atmosphère très angoissante à partir de tous des sons du plateau.  
-La deuxième partie consistait en un voyage sonore. Tous les spectateurs étaient invités à s'allonger sur des coussins et à se laisser happer dans une expérience acoustique. Yannick donnant ici à entendre les élans cosmique, aériens, graves et profonds qui caractérisent aussi son travail."
Mariyya Evrard, danseuse